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Bolivie: Morales espère sortir renforcé du référendum LA PAZ — Les Boliviens étaient appelés aux urnes dimanche afin de se prononcer par voie référendaire sur la poursuite des mandats du président Evo Morales, de son vice-président et de huit préfets. La probable victoire du premier chef d'Etat indien de Bolivie ne devrait cependant pas apaiser les divisions avec l'est du pays, violemment opposé aux réformes socialistes. Seuls deux des préfets (gouverneurs) dont le mandat est suspendu à l'issue de consultation sont alliés au président Morales. Au pouvoir depuis deux ans et demi, ce dernier, ancien leader des cultivateurs de coca, a proposé le référendum pour tenter de sortir le pays andin de l'impasse politique. Il espère à travers le vote obtenir un soutien suffisant pour relancer sa croisade visant à remédier aux injustices présentes dans l'Etat le plus pauvre d'Amérique du Sud. Vingt pour cent de la population n'a pas accès aux services les plus élémentaires. Mais sa politique de gauche se heurte à la vive opposition de l'est capitalistique du pays. Des protestataires ont bloqué la semaine dernière des aéroports pour empêcher Morales de se poser afin d'effectuer des déplacements de campagne et l'ont contraint à annuler un sommet sur l'énergie. Selon des sondages qui ont précédé le référendum, Morales et ses plus sérieux adversaires parmi les préfets conserveraient leur poste. Le préfet récemment élu de la province de Chuquisaca n'est pas concerné par la consultation. Conformément à la législation qui établit les règles du référendum, un homme politique peut être révoqué si le nombre de voix en faveur du "non" excède le taux des suffrages qui a conduit à son élection. On ignore cependant si les résultats vont être honorés par les dirigeants concernés, pas seulement parce que leurs visions de la Bolivie divergent radicalement. En vertu d'une décision de la Cour nationale électorale, le "non" doit atteindre la barre des 50% pour révoquer les préfets. Evo Morales avait été élu en décembre 2005 par 53,7% des voix. Les premiers résultats sont attendus peu après la fermeture des bureaux de vote dimanche à 22h GMT. Plus de 100 observateurs internationaux, la plupart de l'Organisation des Etats américains (OEA), surveillent les opérations, qui semblent s'être déroulées dans le calme, à l'exception du vol avant l'aube de tous les bulletins de vote dans la petite localité pro-Morales de Yucumi dans le Beni, selon des responsables électoraux. Victor Hugo Cardenas -un Aymara comme Morales, qui fut vice-président entre 1993 et 1997-a prédit que le référendum de dimanche ne ferait qu'alimenter le chaos, et rendre la Bolivie "encore plus difficile à gouverner". Mais sur les rives du lac Titicaca balayées par le vent, d'autres Aymaras soutenaient résolument leur président. "Pendant plus de 500 ans, nous avons vécu dans l'esclavage", a déclaré Rolando Choque, un enseignant de 25 ans, en votant à Achacachi. "Le changement ne vient pas soudainement. C'est une longue route." La bataille en Bolivie porte sur les questions de propriétés foncières et les revenus issus du gaz naturel. Quatre provinces de l'est du pays -Beni, Pando, Santa Cruz et Tarija-ont résisté à l'insistance de Morales qui souhaite que les autorités centrales contrôlent les bénéfices issus du secteur de l'énergie et décident des moyens de leur distribution. Ces quatre provinces ont proclamé leur autonomie cette année lors de votes largement symboliques. S'il ne s'est pas engagé à procéder à des expropriations, Morales a fait une exception pour les terres en jachère de l'est qu'il souhaite voir exploiter par des Indiens déshérités. Ce projet a peu avancé, mais continue d'attiser la colère de riches propriétaires terriens |
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